1960, le rock, les premiers twists, un hiver rude. D’autant plus rude que, dans les entreprises belges, l’annonce des mesures de régression sociales décidées par le gouvernement déclenche une grève sauvage parmi les travailleurs. Trois d’entre eux, André (Philippe Léotard), Albert (Ronny Coutteure) et Fred (Paul Louka) sont aux premiers rangs d’une lutte qui promet d’être chaude.

André entre dans le conflit, empêtré dans sa propre histoire : conflit avec sa femme, qui rêve de promotion sociale et ne veut pas d’enfant ; conflit avec son père (Christian Barbier), ancien résistant et militant expérimenté, trop sage à son goût ; conflit enfin avec l’organisation syndicale, qui bride son impatience et l’oblige à la stratégie. Cette grève qui lui échappe donne un goût amer aux fêtes de fin d’année. Lors du souper de réveillon, André quitte la table familiale.

Pourtant, quand il rencontre Monique (Françoise Bette), divorcée, un enfant, il trouve une main tendue. L’enfant qu’André n’a jamais eu, il est là. Rêve pour André, poids pour Monique, l’enfant à partager sera leur point de rencontre. Mais, l’aube naissante les réveille d’un rêve impossible et ils se quittent sans espoir de se revoir. Fortement ébranlé, André vivra désormais en marge de la grève.

La lutte s’est durcie, les assemblées de grévistes se font plus houleuses, les affrontements avec les forces de l’ordre plus nombreux, plus violents. De sont coté, Monique vit un bouleversement intérieur qui la jette, au plus fort d’une émeute, dans les bras d’un manifestant, Charles (Marcel Dossogne), instituteur. Elle gagne, dans cette brève liaison, un équilibre nouveau, le temps de comprendre qu’elle peut diriger sa vie.

La grève qui s’épuise abandonne, dans les rues dévastées, des hommes déçus, prêts à tourner la page et un dernier sabotage, perpétré par le père d’André, sera le point d’orgue de la lutte. La reprise du travail à lieu a travers tout le pays.